Nico Coquillier
Nicolas Eouzan, la vie d’un pêcheur-coquillier
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Nicolas Eouzan, une vie de marin et de coquillier
À 40 ans, Nicolas Eouzan est marin-pêcheur coquillier depuisvingt ans. À bord du Honü, son coquillier baséentre Erquy et Saint-Quay-Portrieux, il perpétue une histoirefamiliale profondément liée à la mer.
Fils et petit-fils de pêcheurs, Nicolas a grandi dans cetunivers. « Toute ma famille est dans la pêche », raconte-t-ilsimplement. Aujourd’hui, il connaît parfaitement les eaux de labaie de Saint-Brieuc et les exigences de la pêche à la coquilleSaint-Jacques.
Pendant la saison de la coquille Saint-Jacques, du 1er octobre au15 avril, les journées sont dictées par les marées. Certainessorties de pêche ne durent qu’une heure.
Ce jour-là, Nicolas et son matelot Didier avaient l’autorisationde pêcher de 13h15 à 14h15. Pendant ce court créneau, les draguestravaillent les fonds tandis que les deux hommes trient immédiatementles coquilles remontées à bord.
Petites coquilles, coquilles vides ou espèces capturéesaccidentellement sont remises à l’eau. Dans la baie deSaint-Brieuc, la taille minimale est fixée à 10,5 cm.
« On est les premiers à vouloir préserver la ressource. Si ondétruit la baie, on détruit notre avenir », explique Nicolas.
Pour lui, une pêche durable est indispensable pour que le métierpuisse continuer à faire vivre les générations futures.
Une fois la pêche terminée, le travail continue au port. Lescoquilles sont triées, pesées et conditionnées en sacs de 10 kilosavant de passer obligatoirement par la criée deSaint-Quay-Portrieux.
C’est ensuite le marché qui détermine leur prix. Les coquillespartent vers les mareyeurs, poissonneries et restaurants, en Bretagnecomme dans le reste de la France.
Derrière chaque sac de coquilles, il y a donc bien plus qu'unesimple pêche : il y a des heures de préparation, une parfaiteconnaissance de la mer et un métier soumis chaque jour aux marées,à la météo et à une réglementation exigeante.
Après vingt ans de métier, Nicolas reste profondément attachéà la mer et à son bateau.
La pêche à la coquille Saint-Jacques représente pour lui unsavoir-faire transmis par sa famille, mais aussi une responsabilité: respecter la baie pour pouvoir continuer à y travailler.
À bord du Honü, chaque sortie est une coursecontre la montre. Une heure parfois seulement pour pêcher, maisderrière cette heure, vingt années d’expérience et touteune vie consacrée à la mer.