Le Charmagit : quand le destin d’un couple donne naissance à une auberge pleine d’âme
À quelques minutes de la cité médiévale de La Roche-sur-Foron, au cœur de la campagne haut-savoyarde, une bâtisse discrète attire aujourd’hui les amoureux de cuisine sincère et de séjours paisibles. Son nom intrigue : Le Charmagit. Et lorsque l’on pousse la porte, on comprend vite que ce nom n’est pas un hasard. Ici, tout est histoire de rencontre, de passion et de chemin de vie.
Aux commandes : Julie et Maxime Lamy, un couple aussi complice que passionné, qui a transformé cet ancien Gîte « de montagne » en un lieu chaleureux où l’on vient autant pour manger que pour se sentir bien.
Une enfance entre deux mondes
Pour comprendre l'esprit du Charmagit, il faut remonter aux racines des repreneurs du Charmagit
Maxime, originaire de Vendée, a grandi entre deux univers.
« J'ai eu une enfance très heureuse », raconte-t-il en souriant.
D'un côté, il y avait le monde rural de ses grands-parents, mamie Josiane et papy Paul, avec leur ferme qui semblait figée dans le temps, au cœur de leur petit village. De l'autre, l'atmosphère plus tranquille et feutrée du village résidentiel où vivaient mamie Huguette et papy Maurice, comme un autre refuge aux souvenirs d'enfance. Deux univers différents, mais complémentaires, qui ont forgé chez lui un sens profond de l'authenticité et du partage.
Son père travaillait dans une usine — d'abord dans la chaussure, puis dans le carton — tandis que sa mère gardait des enfants. Dans cette enfance simple et lumineuse, entre terre et mer vendéennes, Maxime développe très tôt le goût du travail et de la débrouille.
Julie, elle, vient d'un univers très différent. Elle a grandi dans un charmant village aux maisons à colombages typiquement alsaciennes. . Son père, fils de cheminot devenu ingénieur grâce aux études, lui transmet le goût de l'effort et de l'exigence.
Sa mère, originaire d'Allemagne de l'Est, a connu une trajectoire plus rude. Automaticienne dans la RDA communiste, elle rejoint l'Ouest par amour pour celui qui deviendra son mari.
« Chez nous, le travail était une valeur très forte », confie Julie.
Deux parcours, une même détermination
Julie poursuit des études ambitieuses et obtient un Master en hôtellerie internationale à Los Angeles. Très vite, sa carrière devient internationale : Autriche, Suisse, Australie... Elle multiplie les expériences dans l'hôtellerie haut de gamme.
Maxime, lui, suit un chemin bien différent.
« À l'école, j'étais un petit branleur... mais j'adorais travailler », dit-il en riant.
Après un bac professionnel, il entre très tôt dans la vie active. Dès 14 ans, il enchaîne les petits boulots dans les entreprises de son village pour gagner son argent de poche.
À 18 ans, il rejoint le restaurant de son village, Le Pont de Sénard, où il restera sept ans. Une période formatrice... mais marquée par un grave accident : une baie vitrée lui sectionne les doigts. Aujourd'hui encore, il ne les sent plus totalement et est reconnu travailleur handicapé.
Mais Maxime n'est pas du genre à abandonner.
Un jour, il décide de tout quitter pour tenter sa chance en Suisse. Après plusieurs missions en intérim, son talent est repéré. Il rejoint alors l'un des établissements les plus prestigieux de la région : l'hôtel Beau-Rivage Genève.
C'est là que le destin s'en mêle.
Quand le charme agit
Julie travaille justement dans ce palace comme coordinatrice d’événementiel. Maxime, lui, participe à l’organisation des réceptions.
La rencontre est immédiate.
« C’était le coup de foudre », racontent-ils aujourd’hui.
Un soir, Julie invite Maxime à une soirée à Annecy, « la Venise des alpes ». La nuit se prolonge jusqu’au petit matin. Et comme dans un film romantique, leur premier baiser a lieu sur le Pont des Amours.
« Un moment magique… »
La suite ressemble à une grande aventure. Maxime passe par le Four Seasons Hotel, Julie continue dans des établissements prestigieux. Pendant trois ans, ils travaillent sans relâche.
Puis ils prennent une décision radicale.
L’aventure australienne… et le retour inattendu
En 2019, ils quittent tout pour partir en Australie.
Julie participe à l’ouverture d’un hôtel. Maxime devient traiteur dans l’État du Victoria, près de St Kilda Beach. Le rythme est intense : 80 heures de travail par semaine.
Après six mois, ils s’offrent enfin trois semaines de vacances en Nouvelle-Zélande.
Mais le monde bascule.
Le Covid-19 éclate. Impossible de retourner en Australie. Le couple est rapatrié en France et se retrouve en Vendée, chez les parents de Maxime, avec peu d’argent et beaucoup d’incertitudes.
Maxime repart rapidement travailler à La Rochelle. Puis le couple décide de revenir vers la région qui les a réunis : la Haute-Savoie.
Julie se tourne temporairement vers l’assurance. Maxime devient chef dans une clinique.
Puis la vie leur réserve une autre joie.
En 2021, leur premier fils Manoé naît.
En 2023, la famille s’agrandit avec Noan.
Mais un rêve les habite toujours : ouvrir leur propre maison.
Le coup de cœur : Le Charmagit
Après un premier projet avorté à Samoëns — les banques refusant de suivre en pleine période d’incertitude — une opportunité apparaît en 2024.
Un Gîte un peu vieillot à Amancy.
Des cloches de vaches aux murs, des harnais suspendus… un lieu resté dans son jus, presque hors du temps.
« On a eu un vrai coup de cœur. »
Ils retroussent leurs manches et transforment l’endroit en auberge-hôtel-restaurant à leur image : simple, chaleureux et vivant.
Le nom s’impose presque naturellement puisqu'« on ne le change pas ! ».
Le Charmagit.
Une auberge vivante et conviviale
Aujourd’hui, l’établissement est devenu un véritable petit cocon.
Le restaurant, élégant et intimiste, accueille 18 à 22 couverts pour préserver la convivialité. Il peut être privatisé jusqu’à 40 personnes pour des événements familiaux ou professionnels.
En cuisine, Maxime propose une cuisine bistronomique maison, inspirée à la fois des produits locaux et de ses voyages.
Il travaille avec des producteurs de la région, cultive ses propres aromates, fabrique ses sirops maison et part régulièrement cueillir herbes sauvages et champignons en montagne.
Certains habitués le surnomment même, avec humour :
« Veyrat junior. »
Julie, elle, orchestre la salle avec élégance et simplicité.
« Notre objectif, c’est que les gens se sentent comme à la maison. »
Un havre de paix au cœur de la Haute-Savoie
L’auberge propose également 12 chambres pouvant accueillir jusqu’à 35 personnes. Chaque chambre a été pensée pour offrir confort et chaleur, que l’on soit en couple, en famille ou en déplacement professionnel.
Un salon commun avec canapé, télévision, micro-ondes et réfrigérateur permet aux voyageurs de se détendre comme chez eux. Des formules petit-déjeuner, demi-pension et soirées étapes sont également proposées.
Le lieu est aussi idéal pour organiser des événements :
anniversaires, baptêmes, mariages intimistes, baby showers, séminaires ou cocktails d’entreprise.
Avec une capacité pouvant atteindre 49 personnes, Le Charmagit est devenu une adresse appréciée pour les moments importants de la vie.
Une maison qui leur ressemble
Engagés dans leur métier, Julie et Maxime ont rejoint l’association française des Maîtres Restaurateurs, garantissant une cuisine entièrement faite maison à partir de produits bruts et frais.
Mais au-delà des labels, ce qui frappe le visiteur, c’est l’esprit du lieu.
Deux enfants qui jouent parfois dans le jardin.
Un chef qui cueille ses herbes en montagne.
Une hôtesse qui accueille chaque client comme un ami.
Au Charmagit, on ne vient pas seulement dormir ou dîner.
On vient partager un moment.
Et très vite, on comprend que le nom de l’auberge raconte aussi l’histoire de ses propriétaires.
Parce qu’ici, depuis leur rencontre sur un pont d’Annecy jusqu’à cette auberge nichée dans la campagne savoyarde…
le charme agit toujours.
Et pour vous convaincre encore plus de vous faire venir, dans chaque assiette, « le chef compose bien plus qu’un plat : une véritable œuvre de maître, où chaque ingrédient trouve sa place avec précision, pour offrir un tableau aussi élégant à l’œil qu’inoubliable au palais ». Dixit Fabrice Dupont.